Pourriez-vous nous décrire brièvement votre association et ses objectifs ?
Notre association s’appelle Sauvage Méditerranée (https://sauvage-med.fr). Elle a été créée en 2019 et est basée à Aix-en-Provence. En d’autres termes, les déchets diffus que l’on peut trouver dans la nature, et plus particulièrement sur le littoral méditerranéen, comme le plastique, les filets de pêche, le verre poli, les voiles de bateau, et ainsi de suite.
Nous réalisons des créations à partir de ces déchets, qui sont collectés sur les plages par une trentaine d’associations partenaires situées entre Nice et Montpellier.
Le but de ces associations est d’organiser des opérations de nettoyage et de sensibiliser à la pollution en mer. Lorsqu’elles ramassent des déchets sur les plages, elles nous les donnent. Nous fabriquons des bijoux avec des trophées et toutes sortes de créations. Nous reversons dix pour cent de nos ventes à ces associations pour les encourager dans leurs activités.
Comment vendez-vous vos créations ?
Nous avons une boutique en ligne qui nous permet de vendre nos bijoux et nous avons également une boutique partenaire à Marseille qui les vend. Elle s’appelle Les Flamants verts (https://www.lesflamantsverts.fr), basée à Marseille. De temps en temps, nous avons également des stands lors de salons de créateurs et de marchés d’été. C’est ainsi que nous vendons nos bijoux à des clients particuliers.
Nous vendons également aux professionnels. Cela se fait par le bouche-à-oreille. Les entreprises qui entendent parler de nous nous contactent via notre site web.
Votre association fait-elle partie d’un réseau ?
Oui, d’une part, nous travaillons avec des associations partenaires au niveau local et régional entre Nice et Montpellier.
Nous faisons également partie d’un réseau appelé le réseau Precious Plastic (https://www.preciousplastic.com), qui est une communauté internationale qui met à disposition des ressources et des connaissances pour construire ses propres machines de recyclage open source. Leur plateforme fournit également un forum pour discuter des problèmes qui peuvent survenir, par exemple, lors de la transformation du plastique. Nous sommes l’un des membres fondateurs de la branche française de Plastique France. Il existe une trentaine d’ateliers en France liés au réseau Precious Plastic. Ce sont de petits ateliers comme le nôtre, souvent à très petite échelle, sans aucune dimension industrielle.
Nous nous réunissons une fois par an pour échanger des idées. On pourrait penser que nos activités pourraient être en concurrence, car nous travaillons tous avec du plastique et nous essayons tous de créer et d’ajouter de la valeur au plastique recyclé. Mais en réalité, comme nous sommes assez répartis en France, nous n’avons pas vraiment de concurrence locale. Quant aux produits que nous proposons, ils sont aussi très diversifiés : certains d’entre nous fabriquent des meubles, d’autres de la signalétique, des bijoux ou des trophées.
Dans l’ensemble, nous nous encourageons mutuellement. Il s’agit avant tout de partager nos connaissances.
Avez-vous d’autres activités en dehors de la fabrication et de la vente d’objets recyclés ?
En dehors de la fabrication et de la vente d’objets recyclés, nous avons un centre de recyclage avec lequel nous intervenons dans les écoles et éventuellement dans les entreprises pour sensibiliser au tri en montrant comment les plastiques sont recyclés aujourd’hui.
Au lieu de recevoir le public dans notre atelier, où il y a des machines qui chauffent et font du bruit, nous avons mis en place un centre de recyclage mobile où nous allons à la rencontre des gens.
Comment fonctionne votre organisation ? Avez-vous des employés, par exemple ?
L’association compte trois salariés (bientôt quatre). Nous avons deux ingénieurs qui maîtrisent les machines. La personne qui va nous rejoindre sera un chargé de développement, qui accompagnera l’association dans la recherche de financements auprès des secteurs public et privé, tout en s’efforçant de développer notre visibilité en matière de communication avec les médias.
Comment démarrez-vous ?
D’une part, nous sommes autofinancés par les ventes, mais nous bénéficions également de l’aide d’entreprises et de subventions publiques de la région, comme l’initiative Méditerranée Zéro Déchet. Ayant remporté cet appel à projets, la région nous rembourse soixante-dix pour cent des dépenses que nous engageons, avec un plafond sur l’achat de matériel.




