Itinérance

Quelles sont les principales initiatives, activités du projet « Itinérance » ?

Lancé en 2018, le projet vise à valoriser l’artisanat et à sensibiliser à la mode responsable en Méditerranée. L’objectif du projet : apporter des réponses aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux rencontrés en Méditerranée. Itinérance permet de court-circuiter l’ensemble du processus de production, de mettre en place des pratiques responsables et de valoriser le savoir-faire de toutes les personnes impliquées dans le processus de conception et de production.

Le vêtement est perçu comme un outil de changement social.

Pendant deux ans, Alexia Tronel et Caroline Perdix (fondatrices de l’Atelier Bartavelle à Paris) ont voyagé dans 5 pays du bassin méditerranéen pour produire 5 éditions limitées de vêtements en collaboration avec des acteurs locaux.

En Grèce, une première collection de 13 pulls tricotés par des grands-mères grecques (les « yayas ») sur l’île de Tinos dans les Cyclades.

En Tunisie, le projet « Itinérance » présente 20 chemises unisexes brodées par une association de femmes berbères à Guermessa, un village troglodyte aux portes du désert. Les lettres du poème « Les femmes de mon pays » de Mohamed Sghaïer Ouled Ahmed sont brodées en calligraphie arabe en collaboration avec Ali Almasri.

Avec qui l’association travaille-t-elle localement ?

Itinérance travaille avec les femmes afin de revaloriser leurs savoir-faire traditionnels en les inscrivant dans un contexte contemporain à travers les créations de l’Atelier Bartavelle. 

Le projet leur apporte un revenu supplémentaire et de l’autonomie. C’est une introduction à la vie professionnelle, tout en restant en harmonie avec leur mode de vie, leurs structures sociales et leurs obligations familiales.

Le projet leur apporte un revenu supplémentaire et de l’autonomie. C’est une introduction à la vie professionnelle.

L’association travaille également en collaboration avec des artistes tels qu’Ali Almasri, un calligraphe jordanien basé à Tunis, qui explore de nouveaux langages visuels avec un accent particulier sur les lettres arabes.

Avec le projet ITINÉRANCE, nous valorisons les savoir-faire méditerranéens tels que le tricot et la broderie. En 2018, nous sommes allées sur l’île de Tinos dans les Cyclades pour tricoter des pulls avec des grands-mères. Nous voulions montrer comment les compétences se transmettent d’une génération à l’autre. Pour la prochaine édition, nous sommes allées à la rencontre des brodeuses berbères de Guermessa en Tunisie. Dans cette édition, nous utilisons le vêtement comme un rappel des enjeux autour du statut de la femme en Tunisie ».

Quel est l’impact de votre projet ?

Différentes actions menées par les Yayas sur l’île : la création d’une association avec les grands-mères de l’île, le financement d’un centre médical, par exemple. Et surtout, beaucoup de joie et de fierté pour les doyennes.

En Tunisie, en travaillant avec des femmes brodeuses d’un petit village du sud, Guermessa, le projet est devenu pour elles un moyen de compléter leurs revenus et de devenir autonomes. C’est une introduction à la vie professionnelle, mais qui reste en harmonie avec leur mode de vie, leur structure sociale et leurs obligations familiales. C’est une « douce » initiation qui avance vite pour certaines, et encore plus vite pour d’autres, selon leurs prédispositions. Itinérance est un projet artistique à impact social, et le vêtement devient un outil pour le mettre en pratique.

Comment sont diffusées les activités de l’association ? 

Par des expositions et des collaborations avec des musées locaux comme le MUCEM à Marseille mais aussi par des publications régulières sur nos pages de médias sociaux dédiées à la fois à l’association Itinérance et à notre marque, le Atelier Bartavelle. Des articles sont régulièrement publiés sur l’initiative dans la presse locale et en France.  

L’ensemble du processus co-créatif avec les collaborateurs locaux est documenté à l’aide de différents médias : podcasts audio, vidéos et photos. Ensuite, une exposition est organisée d’abord localement, puis en France. Par exemple, une exposition a eu lieu en Grèce au Musée Benaki, qui est l’équivalent du Mucem à Athènes. Ensuite, dans le cadre de l’opération Go For Good des Galeries Lafayette. En Tunisie, l’exposition a eu lieu à l’Institut Français de Tunis, puis dans le cadre du concours Paris Good Fashion sur les grilles de l’Hôtel de Ville. 

Outre les expositions et les collaborations avec des musées locaux tels que le MUCEM à Marseille, le projet est également promu via une page de médias sociaux dédiée à la fois à l’association Itinérance et à notre marque, le Atelier Bartavelle. Des articles sont également régulièrement publiés sur l’initiative dans la presse locale et en France.  

Qu’est-ce qui rend le projet innovant et durable ?

Itinérance est un projet qui représente à la fois un engagement social et écologique. 

D’un point de vue social : Le projet s’adresse aux marques de prêt-à-porter haut de gamme, leur demandant d’inclure des pièces réalisées par ces artisanes dans leurs produits. L’association ne prend pas de commandes. Il s’agit de mettre les gens en contact avec une aide juridique sur place pour aider les artisanes à mieux gagner leur vie et à se structurer. L’association travaille sur ce point avec l’aide de l’Institut Français de la Mode et, en particulier, des étudiants du certificat Développement Durable – Kering.

D’un point de vue écologique : La plupart des pièces sont fabriquées par des couturières de Tunis, et sont 100% coton, issues de restes de tissus en stock provenant du souk de la médina de Tunis. Une partie de la collection a été développée au sein de l’atelier Bartavelle. Le reste des pièces sont des kimonos de taekwondo trouvés dans les friperies de Tunis. Ces pièces upcyclées font écho au rôle clé de la Tunisie en tant que plaque tournante pour les vêtements de seconde main.

Le projet a également une dimension éducative. Pour chaque tournée, des ateliers sont organisés avec des étudiants du pays en question. Les étudiants sont les futurs acteurs des industries du textile et de la mode, et il est important qu’ils soient conscients de tous les enjeux impliqués.

Comment vos activités sont-elles financées ?

Le projet est financé grâce à divers partenariats avec des institutions et fondations locales et françaises.

Quels sont les objectifs à court et à long terme de l’association (d’ici 2 ou 3 ans) ?

Continuer dans d’autres destinations. Pour ce faire, l’association surveille en permanence le sourcing afin d’identifier une dizaine de nouvelles communautés d’artisans par an en Méditerranée en cartographiant leurs savoir-faire.

Et créer de nouveaux partenariats, comme le récent partenariat Go for Good avec les Galeries Lafayette, avec d’autres à venir.

L’objectif est de créer un réseau d’artisanes aux compétences variées (teinture végétale, broderie, tricot, tissage, etc.) tout en travaillant régulièrement avec de grandes marques et en lançant de futures éditions en Albanie, en Croatie, en Italie et en Espagne. Et toujours avec l’idée de travailler avec des femmes.

https://itinerance.org
https://www.facebook.com/atelierbartavelleparis
itinerance_mediterranee
https://lesmarseillaises.fr/itinerance-mediterranee/

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